Les Dernières Nouvelles d’Alsace du 2 février 2013

OUI à la Collectivité Territoriale d'Alsace

OUI à la Collectivité Territoriale d’Alsace

Ces collectifs transpartisans qui bousculent les codes

L’émergence de deux collectifs transpartisans, l’un opposé et l’autre favorable au Conseil d’Alsace, démontre que la question de la régionalisation touche plus à l’intime qu’à l’étiquette. Très actifs sur les réseaux sociaux, ils bousculent les pratiques et le débat.

ILS ONT PRÉCÉDÉ LES POLITIQUES et anticipé la campagne du référendum. Ils ont contribué, à leur échelle modeste, à faire sortir des cabinets et des petits cercles de la Région et des deux Départements le projet du Conseil d’Alsace. Et tenté ainsi de tisser les premiers liens entre la société civile et une sphère politique timorée sur le sujet.

Les socioprofessionnels du Conseil économique, social et environnemental d’Alsace (CESER Alsace) demandent, dans un avis approuvé en 4 juin 2007, la création d’une collectivité unique. Ils réitèrent leur demande le 30 mars 2011. Le think tank Initiative citoyenne alsacienne (ICA) diffusera entre-temps une pétition en faveur de la fusion des deux conseils régionaux et du conseil régional, « pour donner la parole aux citoyens ». Elle récolte plus de 800 signatures.

Le collectif Alsace Unie interpelle les candidats aux législatives de juin 2012

Ces premiers manifestes témoignent de l’envie d’une partie de la société civile alsacienne de voir le paysage institutionnel bouger et de participer au débat qui devait s’ouvrir sur le sujet. Le 17 février 2012, un collectif « transpartisan » demande, dans une tribune, aux conseillers généraux du Haut-Rhin de « voter, sans distinction de bord politique, la même délibération » que celle approuvée quelques jours plus tôt par la Région et le conseil général du Haut-Rhin en faveur de la collectivité unique.

Ses signataires issus des Jeunes démocrates d’Alsace (Florian Brunner et Elsa Debrowolska), du PS (Julien Ernst et Maël Harter), de l’UMP (Guillaume Germain et Raphaël Schellenberger), d’EELV (Antoine Laplane) et Loïc Jaegert (Bougeons les lignes), craignent alors que le Haut-Rhin ne fasse capoter le projet en votant une délibération non convergente.

Cette tribune signera la genèse du mouvement Alsace Unie qui poursuit toujours son action en faveur du oui après avoir interpellé au printemps dernier les candidats aux élections législatives. Il est désormais une association qui défend « une Alsace plus forte, plus efficace, plus proche des citoyens ». Et mène son combat sur internet, à travers un blog (www.alsaceunie.eu) et une page Facebook (https://www.facebook.com/AlsaceUnie).

Faire entendre une voix différente que celle des partis et du pouvoir en place

Alsace Unie a dû attendre le 10 janvier 2013 pour voir apparaître un collectif semblable mais partisan du non au référendum du 7 avril. Baptisé J’aime l’Alsace, Je vote Non, il s’est constitué autour de personnalités aux sensibilités très diverses aussi : Emmanuel Kettela (MoDem), Francis Guttig (Debout La République), Franck Dudt (DVG, ex-PS), Yves Baumuller (MoDem) et Nicolas Chevalier-Roch, porte-parole de Debout La République Alsace. Ce groupe se présente comme une « force de proposition alternative à la démarche unilatérale actuelle dans la campagne qui s’ouvre ». Lui aussi fait campagne sur le net (www.jaimelalsacejevotenon.fr).

Le collectif Bougeons les lignes avait ouvert la voie aux municipales partielles de Colmar, en novembre 2008

L’émergence de ces deux collectifs transpartisans, très actifs sur les réseaux sociaux, témoigne de la volonté de citoyens engagés de vouloir faire entendre une voix différente que celle des partis et du pouvoir en place. Il démontre aussi que la question institutionnelle de la régionalisation touche plus à l’intimité politique qu’aux clivages partisans.

Lassé par la « cuisine politicienne », désireux de sortir du « seul combat de personnes », le collectif colmarien Bougeons les lignes en avait dessiné les prémices aux municipales partielles de novembre 2008. En quelques semaines à peine, cette équipe de jeunes issus de divers mouvements politiques (UMP, MoDem, CAP 21, PS) avait réussi à constituer une quatrième liste dont le leader Tristan Denéchaud s’est fait élire au conseil municipal. Aujourd’hui, Bougeons les lignes préparent les élections de 2014. En plus de militer pour le Conseil d’Alsace.

par Franck Buchy

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s