Les Dernières Nouvelles d’Alsace du 13 mars 2013

Tous en ligne…

http://www.dna.fr/politique/2013/03/13/tous-en-ligne

La campagne pour le référendum du 7 avril est numérique, aussi. Le Net ajoute une couche sociale au débat, où les outils servent à compter les troupes, à mobiliser les militants, à diffuser du matériel de propagande. Sur Facebook, on discute et parfois, on se dispute.

Soyons clair : Internet ne fera progresser ni le « oui », ni le « non ». C’est poser une mauvaise question. Mais la Toile ajoute une nouvelle dimension à l’espace public où se développe le débat sur la création d’une collectivité territoriale d’Alsace. Un lieu hybride, où campagne traditionnelle et campagne numérique se complètent, se prolongent et interagissent.

Prenons un exemple : le 27 février, dans un courrier publié par les DNA , Marcel Wolff, militant CGT strasbourgeois et ancien membre du PCF, défend le « oui » au référendum du 7 avril. Position originale, reprise et commentée sur les réseaux sociaux, Facebook et Twitter. L’article saute du papier au Net, est abondamment « partagé », la diffusion virale joue à fond.

Les situations sont nombreuses et quotidiennes où le Net sert à relayer des rendez-vous ; on y annonce des réunions, des actions militantes, on y publie des communiqués et des tribunes. Elles se comptent par dizaines, par centaines. Tout ce bruit s’amplifie, un grand bazar où il est difficile de faire la part du vrai et du faux, de l’argument fondé et… de « l’enfumage ».

Des blogs d’experts

Mais pour qui prend le temps de chercher, il est possible d’atterrir sur des blogs et des pages aux contenus réfléchis, construits, aux arguments fondés. La campagne du référendum a ses « blogs d’experts ». Là aussi, un exemple : Michel Naudo. Aujourd’hui installé au Luxembourg, il a été membre de 1989 à 2007 du CESA, puis du CESER, l’organe consultatif de la Région, où il s’est très tôt intéressé à la question de la réforme institutionnelle, en Alsace. Le « millefeuille », il connaît, pour l’avoir exploré dans les moindres détails. Partisan du « oui », il développe ses arguments sur son blog créé début février. Tous les sujets y passent : les compétences croisées des collectivités aujourd’hui, la gouvernance, les économies, etc.

Ce blog a des pendants du côté du « non ». Celui de Mathieu Lavarenne, un prof d’histoire-géo d’Altkirch formé à la philosophie, président du Cercle républicain 68 et élu à Mooslargue, en fait partie. Ses arguments font se dresser les cheveux sur la tête de Philippe Richert : Mathieu Lavarenne considère que le projet de conseil unique fait le lit du courant autonomiste…

Un coup de jeune à la campagne

Le Net donne un coup de jeune à cette campagne. C’est une évidence. Partis tôt dans le Haut-Rhin, pour faire entendre la voix d’un « oui » sans ambiguïté face à des aînés – notamment Charles Buttner – qui s’interrogeaient publiquement, de jeunes élus et militants de tous horizons (UMP, PS, EELV, UDI, MoDem) ont lancé en février 2012 une page de fans sur Facebook, « AlsaceUnie », et un site éponyme.

Le mouvement a pris de l’ampleur dans le Bas-Rhin aussi. Et parmi ces jeunes, il en est qui sont très actifs sur les réseaux sociaux, toujours prêts à débattre, à confronter leurs points de vue à ceux des internautes du camp adverse. Un échange entre Loïc Jaegert ou Raphaël Schellenberger (tous deux d’AlsaceUnie) et Nicolas Chevalier-Roch (jeune cofondateur de « J’aime l’Alsace, je vote non ») suffit à démontrer qu’il est possible de débattre sans (trop) s’écharper sur le Net…

La campagne low-cost,

à la manière du Parti pirate

Le Net est le lieu idéal pour une campagne low-cost et permet à ceux qui n’ont guère de moyens de faire entendre leur voix. C’est le cas de Lucia d’Apote et de Pierre Schweitzer, deux personnes en marge des partis, candidats écolo-sensibles aux cantonales de 2011 à Strasbourg, et qui défendent une position originale : le ni oui, ni non à travers un slogan « oui à la fusion, non à la confusion ». Ils appellent à voter blanc… Sans leur blog et les réseaux sociaux, ils n’existeraient pas.

Et la campagne low-cost n’est pas l’apanage des militants isolés. La Majorité alsacienne (UMP, UDI, indépendants) a mis en ligne sur son site alsace2013.fr un « Kit du oui », un espace où l’on peut télécharger un dossier avec des visuels pour les profils Facebook, des bannières pour les sites, des tracts pour mener campagne. À l’image de ce qu’avaient fait, pour la première fois en Alsace, les candidats du Parti pirate au printemps 2012, aux législatives.

C’est aussi sur les réseaux sociaux que bataillent les partisans du « non » à Strasbourg, au nombre desquels la conseillère régionale socialiste Pernelle Richardot et le conseiller général socialiste Eric Elkouby.

Des centaines de fans, cela ne fait pas un référendum

Enfin – comme pour conjurer la crainte d’une faible mobilisation et d’une faible participation au référendum –, le Net sert à compter ses partisans. La rubrique la plus active sur le site de la Majorité alsacienne, www.alsace2013.fr, est celle dédiée au « mouvement pour le oui » où chacun vient poster sa photo et dire son adhésion au projet.

Près de 550 internautes l’ont fait à ce jour, beaucoup d’élus, maires ou adjoints. Même intention sur le site de « l’autre oui », celui des écologistes d’EELV et de socialistes du Haut-Rhin ; mais là, bien moins de monde se manifeste.

À ce jeu, ce sont finalement les petits jeunes d’Alsace Unie qui, une fois encore, malgré leurs petits moyens, sont les plus dynamiques… Mais des centaines de fans, cela ne fait pas un référendum gagnant.

Le Net est aussi un révélateur de l’indifférence.

Christian Bach

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