Armand JUNG – PS -Majorité présidentielle

Armand JUNG n’a pas répondu à nos questions mais nous a tranmis une de ses interventions sur le Conseil d’Alsace unique.

L’Alsace,  notre  région,  est  unique  de  par  son  histoire,  sa  position  géographique,  ses blessures, ses erreurs et ses contradictions. Cette histoire, je l’assume. Depuis que je suis Député, à l’Assemblée nationale (et non pas au Landtag…), je n’ai ménagé ni mon temps ni mon  énergie  pour  défendre  cette  histoire,  notre  histoire  unique,  liée  notamment  au  droit local d’Alsace-Moselle. Je pense au régime local d’assurance-maladie ou au livre foncier ; autant de mesures et de règles progressistes dont la législation française essaie parfois de s’inspirer, sans toujours saisir pleinement le concept d’humanisme rhénan sous-jacent, qui est le nôtre. 
 
Faut-il  pour  autant  organiser  le  démantèlement  de  cette  région  en  faisant  croire  qu’une assemblée unie régionale permettra de donner un lustre nouveau à l’Alsace ? A qui veut-on faire  croire  qu’une  région  autonome,  car  c’est  bien  de  cela  qu’il  s’agit,  permettra  de répondre aux problèmes sociaux, économiques et identitaires de l’Alsace ? Le Bas-Rhin, le Haut-Rhin, Strasbourg, Colmar et Mulhouse sont des réalités historiques que l’on ne peut pas  gommer  par  une  simple  réforme  administrative.  Bien  au  contraire,  ces  réalités  nous enrichissent bien plus qu’elles ne nous affaiblissent. 
 
Avec la disparition des derniers autonomistes issus de l’avant et de l’après 1945, je pensais qu’une  page  de  l’histoire  de  notre  région  était  tournée.  Je  constate  aujourd’hui  que  des réminiscences  du  passé  reviennent  sur  le  devant  de  la  scène  d’une  manière  plus insidieuse. 
 
Pour  aimer  l’Alsace,  il  n’est  pas  nécessaire  qu’elle  soit  autonome.  Il  faut  qu’elle  soit dynamique,  généreuse,  accueillante,  humaniste.  Il  n’est  pas  obligatoire  d’imaginer  pour notre région un système administratif dérogatoire. Par contre, il est essentiel de se battre pour  elle  quotidiennement  et  de  porter  haut  ses  couleurs  à  Strasbourg,  à  Colmar,  à Mulhouse, à Paris, à Bruxelles. Ne confondons pas le fond et la forme : l’Alsace n’est pas le Tyrol.  Et  ne  nous  méprenons  pas :  en  Corse,  cette  belle  région  à  l’identité  forte,  les habitants ne se sont pas laissé entrainer dans la voie régressive de l’autonomisme, lors du référendum de 2003, où le « non » l’a emporté à 51%. 
 
Le projet de Philippe Richert, Ministre de la République française, est un leurre. Faire croire aux  Alsaciens  que  cette  réforme  entrainerait  des  économies financières  d’échelle  ou  que les  langues  régionales,  notamment  la  nôtre,  seraient  mieux  prises  en  compte,  ne correspond pas du tout à la réalité. En fait, le Gouvernement actuel veut réduire et maîtriser les pouvoirs des régions sur tous les plans. 
 
L’Alsace vaut mieux qu’une réforme superficielle. Notre avenir est en nous-mêmes, au sein de la France et de la République. 

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